Città

Pompei

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Ekphrasis

Je marche dans les ruines d’une cité qui dans ses débris manifesteent sa splendeur. Le mélange des opus qu’est-ce que tu entends ? fait grouiller les pierres dans toutes les directions, révélant des mosaïques incroyablement esthétiques, jadis cachées, détails de construction que la destruction a révélé au grand jour.

La majesté des espaces, la hauteur des trottoirs, l’harmonie des bâtisses.
Les ruines pour ce qu’elles furent et ce qu’elles sont devenues, des pierres précieuses, un diamant de l’architecture.
Les ruines pour ce qu’elles laissent apparaître. Des bouts de montagnes, de villes contemporaines, des pans de nature et de modernité qui sont rendues visibles par des interstices, entre les vagues de pierres dodelinantes des murs détruits qui comme les vagues d’un décor de théâtre forment les strates d’une géologie du vivant au prise avec la dialectique de la nature et la culture, du minéral et de l’humain.
Les herbes poussent à tous les étages.
Les colonnes qui ponctuent l’espace dans un rythme énergique et énergisant.

Les ruines pour la vie et l’horreur dont elles ont été témoins. Une quotidienneté mythique, une bureaucratie et des mœurs autant que des cris, des pleurs, des courses et probablement des résignations.
Et les touristes qui cherchent les « Dead bodies ».

Et puis au fond des ruines, à la fois en haut et au bout, en tout cas surplombant, le Vésuve. Sommet caché derrière les nuages comme pour laisser planer le doute, comme pour cacher son activité, comme un trompe l’œil protecteur cachant, crachant son sommeil.

Majestueux et presque bienveillant, il ne se laisse jamais discerner complètement, trop grand. Meurtrier et protecteur, la montagne seule et unique divinité palpable saisit le cœur de l’observateur, témoin physique, ressentant dans son propre corps l’aura du volcan endormi.

La lave qui ensevelit tout pour mieux l’exposer au regard des siècles plus tard. La nature qui impose sa perception du dedans et du dehors. Autant de murs et de frontières, de découpages de l’espace qui se multiplient à l’infini, sans jamais se laisser complètement déterminer.
Chacun est libre de circuler, sans limites entre la terre et le ciel, sans savoir s’il est à l’intérieur ou à l’extérieur, sans pouvoir être sur d’où partira le feu, du dedans ou du dehors. Où coule la lave ? Sur les flans de la montagne ou le long de ma trachée ? Où brûle le feu ? Dans l’âtre ou dans le cœur de la montagne ?

Méfie toi du volcan qui dort.

 

Pompei, 29.07.2011

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